Les Racines de la violence chez le tout jeune enfant
Intervenants
- Arlette PELLE, psychologue psychanalyste
- Antonio MARTINS, psychologue clinicien, discutant
Argument
D’après certains scientifiques, le animaux ne connaissent pas la violence.
C’est seulement à nous, êtres humains qu’un fait ou un geste peut apparaître dans la dimension de la violence. Agressivité et violence sont trop souvent confondues.
L’agressivité peut être considérée comme une force de construction et de définition du sujet, la violence comme une force de destruction de soi et de l’autre.
L’agressivité est une force de vie, présente à toutes les étapes du développement de la personne, qui nous permet de demeurer vivant, de nous protéger des dangers et de faire des efforts pour atteindre nos objectifs. L’agressivité inscrite ainsi dans la nature humaine ne devrait pas nous heurter chez le tout petit. Le passage de l’agressivité à la violence serait l’ordre culturel donc un véritable objet de l’éducation.
A l’adolescence cela peut se traduire par une violence comme seul symptôme permettant aux jeunes d’exprimer leur existence et leur dynamique de non – acceptation du destin que la société anticipe pour eux. De quelle violence s’agit-il ? Comment est-il possible d’agir ?
Nous savons combien certains comportements perçus comme virils peuvent être valorisés par telle ou telle famille, dans telle ou telle culture. L’enfant peut se trouver confronté à deux modèles éducatifs différents : celui de sa famille et celui de la société. Apparaît alors la notion de conflit.
Nous avons besoin des autres pour devenir nous-mêmes. L’autre est celui dont les désirs s’opposent à mes propres désirs, dont les projets contrarient mes propres projets dont les droits empiètent sur mes propres droits, dont la liberté menace ma liberté, dont l’existence défie ma propre existence. Peut-on imaginer un amour sans autorité ou sans poser des limites claires ?
La non-violence ne présuppose pas un monde dans conflits.
Antonio Martins
